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Parcours d'Alumni : Gaëlle Valée

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Parcours d’Alumni : Gaëlle Valée, diplômée de la section Marketing
Ce mois-ci, HELMo Alumni a rencontré Gaëlle Valée, diplômée en 2017 de la section Marketing.
Passionnée de Mode, en octobre dernier, Gaëlle, 23 ans, ouvre Endless, sa boutique de seconde main à Liège. Elle nous raconte aujourd’hui comment elle a construit son projet et comment elle gère son magasin avec la crise du Covid. Motivée par son projet, elle transmet son enthousiasme quand elle nous raconte son petit bout d’histoire. On partage avec plaisir !
 

Parcours scolaire.
Originaire de Rocourt, Gaëlle sort du Dic Collège en secondaire avec un projet en tête : réaliser un Master Chef de Produit dans le domaine du Luxe, à Paris. Pour atteindre cet objectif, Gaëlle doit d’abord réussir un bachelier. Attirée par les matières en lien avec le commerce, l’économie et les langues, Gaëlle s’inscrit alors en Marketing à HELMo. D’après son analyse, la section propose des études variées qui abordent des sujets assez variés et offre un panel de débouchés assez large.

Elle y apprend beaucoup et apprécie la variété des cours : créatifs ou plus théoriques, pratiques ou techniques. Elle se rappelle en particulier du cours de négociations dont elle se sert au quotidien.

gaelle-gros-plan.jpgSes années d’études passent très vite, en particulier durant ses stages qui auront une influence déterminante sur la suite de son parcours. En troisième, elle réalise un stage au siège de la marque Célio, ce qui lui donnera accès à un job étudiant comme vendeuse dans un magasin de Liège. Elle réalise un second stage à Londres, dans un magasin Oxfam. Ses deux expériences associées à son job d’étudiant la font évoluer. Elle se découvre de nouvelles facettes.

En 2017, Gaëlle termine son bachelier et peut envisager son inscription au Master convoité, à Paris. Pour patienter jusqu’aux tests d’entrée programmés au printemps 2018, Gaëlle s’inscrit en formation de jour à l’école de langues, à Hazinelle.
Si le temps passé lui permet d’approfondir l’apprentissage de plusieurs langues, cela lui apporte aussi la certitude qu’elle a changé d’idée. « Le milieu du Luxe ne me correspondait plus. Ca me dérangeait l’idée même de « Luxe » ; mon stage chez Oxfam, à Londres, m’avait ouvert les yeux. J’avais envie de rester dans la Mode mais autrement, en favorisant une consommation responsable», explique-t-elle. vitrine-endless-(1).jpg

La révélation
Du jour au lendemain, la certitude s’installe. Gaëlle décide d’ouvrir un magasin de seconde main. « Mon stage à Oxfam, à Londres m’avait permis de voir l’ampleur du succès des boutiques de secondes main. Depuis toujours, avec mes parents, on adorait faire les brocantes et magasins vintage/de seconde main/friperies. Chez Oxfam mais aussi chez Celio, j’avais pu tester les différents rôles en boutique : la vente, le merchandising, le tri, l’étiquetage et ça me plaisait. J’étais fan de Mode… C’est arrivé d’un coup, comme une évidence » raconte-t-elle. Justement, c’était le boom de la seconde main et « je voyais bien qu’à Liège il y avait une place à prendre », continue-t-elle. Entre les friperies où il faut fouiller pour dégoter la pièce qui nous plait et les boutiques vintage qui vendent l’ancien à prix d’or, le marché existait pour développer son concept.

Par hasard, elle voit une affiche de CreaPME dans les couloirs d’Hazinelle, qui incite les porteurs de projets à se lancer. Elle décide d’y suivre une formation de 3 mois pour construire son projet, accompagnée par des formateurs, eux-mêmes indépendants, et d’autres candidats. « Mes études en Marketing m’ont beaucoup aidé pour aborder des questions clés comme le business plan, etc. », affirme-t-elle. A CreaPME, Gaëlle « fait un bon de géant » pour passer de l’idée au projet concret.

Dans la foulée, on lui propose une seconde formation chez « Alpi » où elle peut être accompagnée durant 18 mois avant le lancement du projet et 18 mois après sa création. Suivie par un coach, elle construit son plan financier, son business plan, ses dossiers de bourse et de crowdfunding. Elle reçoit des conseils juridiques, comptables, sur les réseaux sociaux, la communication, ... Elle prend le temps de maturer son projet. « C’est une aubaine de pouvoir compter sur ce type de structure », insiste-t-elle. « Grâce aux chèques formation auxquels chacun de nous a droit, j’ai pu suivre cette formation sans frais », ajoute-t-elle et « pour quelqu’un comme moi, qui n’avait pas l’esprit d’entreprendre, c’était vraiment une aide importante », conclut-elle.

Elle avoue que la peur de ne pas y arriver lui a parfois fait repousser le moment d’aboutir. « On ne se sent jamais vraiment prêt mais un moment, il faut se lancer ».

La concrétisation de son projet.
Début 2019, elle trouve le local idéal pour elle. Situé à proximité du centre-ville, dans le quartier Nord de Cathédrale en pleine relance économique, elle accède à un loyer plus raisonnable que la moyenne très élevée de l’hyper centre. Cependant, le local nécessite de gros travaux. Pour Gaëlle, c’est l’idéal : le temps des travaux lui permet de clôturer ses démarches. De plus, la localisation du futur commerce lui permet d’avoir le soutien de la ville de Liège pour la prime Créashop.

En octobre 2019, elle ouvre sa boutique de seconde main Endless.

Le concept Endless logo-endless.jpg
Endless, c’est une boutique « chic & cozy » qui propose du prêt-à-porter féminin de seconde main. C’est un lieu aménagé avec goût grâce aux meubles et objets chinés, qui vous invite à dénicher la pièce de vos rêves tout en consommant moins et mieux. Vous y trouverez des vêtements et accessoires tendance et de qualité, qui ont été minutieusement sélectionnés, par le biais d’un système de dépôt-vente. Chez Endless, on reprend le temps d’avoir un véritable coup de cœur, on se tourne vers la « slow-fashion », en donnant une deuxième vie à nos dressings.

Pour se faire connaître, elle rejoint un réseau féminin belge, Les Audacieuses. Elle participe aux activités organisées, ce qui lui permet de développer son réseau de clientes et déposantes ainsi que de trouver de l’aide pour son crowdfunding. « C’est essentiel d’avoir un bon réseau pour développer son commerce », témoigne-t-elle.

En janvier, les fêtes suivies des soldes propulsent ses ventes vers le haut et la clientèle se développe. « Chaque semaine, les clientes revenaient. Surprises par la déco, elles apprécient que les produits soient bien présentés, comme si elles étaient dans une boutique de produits neufs, avec des prix en lien avec la seconde main, donc attractifs. Mon objectif de rendre la seconde main attirante est atteint », continue-t-elle.

Crise du covid…
En février, Gaëlle ferme sa boutique 3 semaines pour prendre le temps de changer sa marchandise avec le changement de saison mais à peine ouvert, elle doit fermer pour cause de Covid. « C’était très frustrant car le printemps promettait de belles perspectives pour la nouvelle collection ». Les premières semaines, Gaëlle réfléchit : « J’étais dans le néant total ». La vente en ligne avec livraison ne colle pas à son concept. De plus, elle n’a pas envie de faire du business dans le contexte du Covid. En avril, elle commence à proposer sur sa page Facebook des photos portées des pièces reçues. Son objectif premier est de maintenir le lien avec les clientes existantes. Contre toute attente, elle reçoit beaucoup de demande de réservation.

Grâce à cela, lorsqu’elle rouvre mi-mai, ses clientes reviennent à sa boutique. Même si elle a rouvert en horaire réduit, elle continue de recevoir les clientes qui le demandent sur rdv. Des masques et du désinfectant sont imposés aux clientes mais elles peuvent toucher la marchandise et l’essayer. Si elles l’essaient, la marchandise est conservée à l’écart 24 h et est passée à la vapeur avant d’être remise en rayon.

Comment vit-elle la réouverture ?
Même si le passage est plus calme qu’avant le Covid, Gaëlle est heureuse d’avoir ouvert à nouveau ses portes. Son état d’esprit est à nouveau optimiste car elle retrouve des contacts et les retours positifs de ses clientes la portent. « Ça fait du bien de voir sa clientèle (contente). Aujourd’hui ce n’est pas facile mais mes choix par rapport à la localisation pour un loyer plus accessible ainsi que certaines bourses m’ont permis de garder la tête hors de l’eau ».

Un conseil pour ceux qui ont un projet?
« Je pensais que je n’avais pas l’esprit d’entreprendre mais je me suis sous-estimée », confie-t-elle. "Il faut réaliser ses rêves et prendre le temps de se faire accompagner pour les réaliser ». Elle affirme que cet accompagnement apporte de nombreux « plus » pour se lancer comme indépendant et rebondir en cas de difficultés.

Aujourd’hui, Gaëlle est entourée par ses proches et considère qu’elle a préparé les filets pour ne pas se lancer dans le vide en risquant une chute brutale. Sereine et confortée par le marché de la seconde main, motivée par le fait de proposer une alternative de consommation plus responsable et accessible, Gaëlle ne regrette rien. Plus motivée que jamais, passionnée par son projet, Gaëlle compte bien s’accrocher, tout en restant attentive à l’équilibre de sa vie privée.
 
Contacts :

 
 


Contact: Cécile Esser
Publié le : 26-05-20