Haute Ecole Libre Mosane

Un article scientifique de choix pour OPTHYBRIDE

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Rédiger son premier article scientifique représente un véritable challenge. De là à le faire valider par une communauté internationale d'experts en seulement 2 semaines de rédaction, ça relève d'un coup de maître. Retraçons l'incroyable expérience de Thomas Gossuin, chercheur HELMo CRIG pour le projet OPTHYBRIDE.

Thomas Gossuin, ingénieur alumni de HELMo Gramme et chercheur au CRIG, a vécu une expérience intense avec la publication de son article scientifique. Portant sur son projet de recherche OPTHYBRIDE, cet article est le fruit d'un pari audacieux et surtout, d'un dur labeur. 

Pour rappel, avec Sirris comme partenaire industriel, Thomas développe un outil optimisant - de façon automatique - la répartition d'une structure hybride. Le but ? Rendre meilleur, plus léger et moins cher des produits pour lesquels on souhaite remplacer un composant métallique.

Nous sommes partis à la rencontre du chercheur - de façon numérique - pour en savoir davantage.

  • Comment avez-vous eu vent de cette opportunité ?
J’ai simplement effectué une recherche Google pour connaître quelles étaient les conférences qui existaient dans le domaine des algorithmes génétiques (et de l’optimisation numérique en général). Le tout premier résultat était le site web de la GECCO 2020 (Genetic and Evolutionary Computation COnference). J’en ai parlé à Isabelle Bragard (Directrice du CRIG)  et Vincent Kelner (promoteur HELMo). Ce dernier m’a confirmé qu’il s’agissait d’une des meilleures conférences au monde dans le domaine des algorithmes évolutionnaires.
  • En quoi consistait le processus de validation de votre article ? 
Comme précisé dans la réponse précédente, il s’agit d’une des plus importantes et une des plus grosses conférences en la matière. Il y avait donc plusieurs possibilités pour y participer. Au départ, je pensais que ma recherche n’était pas suffisamment aboutie pour constituer un article complet. Un autre moyen d’y participer était donc de présenter un simple poster.

Vincent Kelner a cependant proposé de se lancer quand même dans la rédaction d’un article complet, qui permettrait une véritable valorisation scientifique du projet. Nous étions conscients qu’il y avait de très faibles chances d’y parvenir, la conférence n’acceptant que les meilleurs papiers. Mais quoi qu’il arrive, dans nos têtes, ce serait une très belle expérience à tenter. De plus, on recevrait un retour des relecteurs de l’article, ce qui permettrait de l’améliorer et d’essayer une autre conférence par la suite.

La première étape était donc de fournir un abstract de maximum 200 mots. Ensuite, j’ai rédigé une première version de l’article, qui a passé le processus de sélection dit « double-blind review ». C’est-à-dire que les auteurs ne pouvaient en aucun cas connaitre l’identité des relecteurs de l’article et vice-versa. Ceci pour assurer un processus de sélection équitable pour tous.

Dans le cas de GECCO, quatre relecteurs issus du monde de la recherche sur les algorithmes génétiques ont ensuite noté l’article sur base de critères établis au préalable par la conférence (pertinence scientifique, clarté des explications, originalité de la démarche, résultats obtenus, etc.). Ils devaient également commenter l’article, suggérer des améliorations ou des compléments d’information, etc. Cela a pris plus d’un mois. Et finalement, la nouvelle est tombée dans la soirée du 20 mars dans ma boîte mail : l’article sur le projet OPTHYBRIDE a été accepté !

A partir de là, il reste encore quelques étapes à franchir. Il faut d’abord s’occuper des droits de publication de l’article. Ensuite, sur base des commentaires des relecteurs, il faut modifier/adapter/améliorer l’article pour qu’il soit « présentable ». La version finale devait être soumise ce vendredi 17 avril avant minuit.


Le règlement de GECCO indique que tout article accepté à la conférence doit faire l’objet d’une présentation lors de la conférence par au moins un des auteurs de l’article. Celle-ci devait se dérouler à Cancun, au Mexique, du 08 au 12 juillet. Cependant, suite au Covid-19, les organisateurs de la conférence ont modifié la formule par mesure de précaution. En effet, la conférence n’aura pas lieu de manière « physique », uniquement via visio-conférence.
  • Quelles sont les contraintes que vous avez rencontrées ?
Pour moi, tout est nouveau ! Il s’agit de mon premier job, mon premier projet de recherche, mon premier article scientifique, ma première participation à une conférence d’envergure internationale (avec des participants à la pointe du domaine des algorithmes évolutionnaires). Ça fait pas mal de premières fois ! 

Soumettre un article demande beaucoup de travail : il faut absolument respecter les délais imposés, il y a une structure très stricte à suivre pour l’écriture de l’article, ça demande d’avoir toutes les étapes du projet bien en tête pour pouvoir les restituer sur le papier afin que tout le monde comprenne. D’un autre côté, ça facilite aussi beaucoup les choses d’avoir une structure claire et uniforme.

Mais la plus grosse contrainte, ça a été le temps : quand on a pris la décision de rédiger un article, il ne restait plus que deux semaines avant la deadline fixée par GECCO !
  • Qu'en avez-vous retiré ?

Dans le mail reçu pour m’annoncer que l’article était accepté, les relecteurs ont noté qu’un des points forts du projet était l’utilisation d’un encodage spécifique (le diagramme de Voronoï) des solutions générées par notre algorithme génétique. Connaître ses faiblesses permet de les améliorer, certes, mais connaître ses forces est tout aussi important pour les consolider.

Pour le projet, il s’agit d’une véritable valorisation scientifique ! Cela signifie qu’une partie de la communauté scientifique valide mon travail et c’est très agréable à savoir, je ne vais pas le cacher. C’est une belle récompense. Bien entendu, pour que ce soit parfait, il doit y avoir également la valorisation industrielle, c’est-à-dire que le projet puisse fonctionner en industrie. On y travaille !

Cet exemple montre que la recherche à la Haute Ecole HELMo, en plus d'être riche et variée, est menée avec excellence. Cela permet également d'ouvrir le champs des possibles et d'inviter parfois à l'audace de se lancer. 

Félicitations Thomas !


Contact: Sacha Munaut
Publié le : 15-04-20