Haute Ecole Libre Mosane

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ETUDIANT A HELMO

Dédramatiser, temporiser : garder les objectifs !

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Les tribulations d’un enseignant en comptabilité qui ne compte pas ses heures…
 
Jérôme Vervoort enseigne la comptabilité. Comme d’autres, il a vécu le confinement comme un challenge. Face à ce défi, il a réactivé les compétences acquises dans le privé : « garder les objectifs ! ». Il nous raconte « son » confinement pédagogique…
 

Temporiser !

Edith : Bonjour M. Vervoort. Pourriez-vous nous raconter comment vous avez réagi lorsque vous avez appris que nous serions confinés ?
Jérôme Vervoort : Je l’ai pris comme un « challenge ». J’ai réagi comme dans le privé : « Garder les objectifs ». La nouvelle est tombée un vendredi et j’ai passé tout le week-end à essayer d’envisager des pistes et des outils.
 
Edith : Vous avez repris vos cours dès le lundi ?
 
J.V. : Non non, pas du tout. J’enseignais dans la section « droit » et le lundi, nous avons organisé une « réunion de crise ». L’idée, c’était de dégager une « approche commune ». De mon côté, j’utilisais déjà la plateforme e-learning, mais c’était à peu près tout. Par contre, certains avaient déjà des propositions concrètes. On s’est mis d’accord pour utiliser Zoom par exemple. Nous avons pris des décisions mais, en ce qui me concerne, je me suis dit qu’il fallait temporiser, me laisser 4 à 5 jours …
 

Ne pas céder à la panique…

Edith : Comment avez-vous utilisé ce temps de réflexion ?
 
J.V. : J’ai d’abord pensé aux étudiants et aux étudiantes. Je me suis dit qu’il fallait les rassurer. J’ai réalisé une petite vidéo d’une minute. Je me suis déguisé en médecin et je me suis filmé. C’était vraiment du bricolage, j’ai fait avec ce que j’avais sous la main, j’ai ramassé ce que je pouvais trouver à la maison… C’était un peu n’importe quoi, mais cela a permis de dédramatiser la situation et de relancer la machine. Au total, j’ai réalisé 44 vidéos, mais c’est celle-là qui totalise le plus de vues…
 
Edith : Je serais bien curieuse de voir cette vidéo moi aussi… Et les 43 autres.
 
J.V. : J’ai créé une chaine YouTube. Le but, c’était que les étudiants puissent suivre les cours même s’ils n’avaient pas facilement accès à un ordinateur. YouTube, ça passe très bien sur un téléphone mobile…
 
Edith : Pourriez-vous nous détailler un peu mieux votre dispositif de cours ?
 
J.V. : Comme je vous le disais, j’ai réalisé des capsules vidéos de mes cours et des supports PowerPoint. J’ai également réalisé des vidéos complémentaires sur certains sujets. Tout est disponible en ligne. Les exercices étaient déposés par les étudiants sur la plateforme e-learning et je faisais, à chaque fois, des vidéos d’explication des corrections. Toutes les semaines, les étudiants avaient donc trois supports : de la matière, des exercices, des corrections. Et une fois par semaine, nous avions rendez-vous via Zoom afin que les étudiants puissent poser leurs questions sur la théorie ou les exercices à réaliser voire le correctif des exercices. De cette manière, il y avait un véritable « suivi ». On ne peut pas dire qu’il y ait eu une perte de contact…
L’élément central était la plateforme : tout y était rassemblé (PowerPoint, PDF, tests, vidéos, exercices, théorie, liens You- Tube & Zoom…). Peu importe le support ou « média » utilisé, je voulais que les étudiants puissent être certains de tout retrouver au même endroit.


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Le revers de la médaille…

Edith : A vous entendre, les choses se sont passées à merveille…
 
J.V. Pour être honnête, tout ne s’est pas passé sans mal. J’étais complètement novice et il a fallu apprendre « sur le tas ». Mais je suis d’accord avec vous, cela s’est globalement bien passé. Cependant, il ne faut pas se voiler la face : il y a eu des moments très difficiles ! Lorsque j’ai commencé à vouloir « créer du contenu », c’est rapidement devenu chronophage. Au bout d’un temps, cela a considérablement empiété sur ma vie privée… Je suis également un peu plus réservé sur les évaluations à distance… C’est important, il faut que les conditions d’évaluation préservent l’équité.
 
Edith : A ce propos, comment avez-vous organisé vos examens ?
 
J.V. Je les filmais en direct, via Zoom et ils remplissaient un questionnaire « en direct » sur papier. À la fin de l’examen, ils « scannaient » leur questionnaire en utilisant une application gratuite sur leur téléphone. Ensuite, ils déposaient leur examen sur la plateforme e-learning. Bien entendu, ils avaient eu la possibilité de s’exercer à cette manipulation depuis des semaines…
 

Un tremplin pour l’avenir…

Edith : En faisant la balance entre ces éléments positifs et négatifs, comment envisagez-vous l’avenir ?
 
J.V. Si je regarde vers le futur, cela m’ennuierait de « revenir à la normale » … Je pense que nous devons capitaliser sur les outils et les dispositifs que nous avons mis en place. C’est un tremplin pour l’avenir ! Selon moi, certains cours se prêtent très bien à l’enseignement asynchrone. Lorsque vous travaillez en présentiel, avec 50 ou 100 étudiants, comment voulez- vous assurer un accompagnement individuel ? En revanche, avec de l’asynchrone, on dégage du temps pour ceux qui sont en difficulté… Dans le futur, ce serait bien de conserver ça.
En revanche, je suis assez perplexe sur le système hybride tel qu’il est organisé actuellement. Comment dégager du temps pour préparer des vidéos ? A mon sens, nous sommes revenus un peu vite au « tout présentiel » …
  

Jérôme Vervoort
enseignant HELMo Campus Guillemins
j.vervoort@helmo.be

 
Extrait de Edith 4, le mook de la Haute Ecole HELMo.


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Contact: Sacha Munaut
Publié le : 15-03-21