Haute Ecole Libre Mosane

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ETUDIANT A HELMO

Vintage et économie sociale par Nicolas LEFEBVRE

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Chaque mois, nous vous présentons un.e étudiant.e qui, grâce au soutien de la cellule HELMo Entreprendre, s’est lancé.e, en marge de son cursus scolaire, dans un projet d’entreprise. L’occasion de découvrir différents profils d’étudiants, en quête d’un apprentissage à la fois théorique et centré sur le concret.

A 24 ans, cet étudiant inscrit en 2ème à HELMo Mode est sur le point d’amorcer sa troisième vie. D’abord éducateur spécialisé dans l’encadrement de personnes atteintes d’un handicap mental, il a choisi, il y a un an et demi, de reprendre un bachelier en techniques de mode et de stylisme avant de plancher sur le lancement d’une petite entreprise spécialisée dans l’upycling. En prélude à cette nouvelle aventure pour laquelle il vient d’obtenir le statut d’étudiant-entrepreneur, nous avons rencontré Nicolas dans une boutique Terre de la région liégeoise, là où est née sa vocation.

 

Quand on entame des études de mode, c’est qu’on ambitionne de créer des vêtements, pas juste d’en récupérer d’anciens et de les transformer. Pourquoi avoir choisi d’axer tes études et ton projet entrepreneurial sur le vintage, la seconde-main et l’upycling ?

« Quand j’ai entamé mes études, je m’habillais principalement dans des enseignes de fast fashion, mais pendant ma première année de stylisme, j’ai commencé à réfléchir à d’autres manières d’envisager le vêtement. Dans le cadre de mes cours, quand c’est possible, j’axe mes recherches et mes projets sur la transformation de vêtements existants. Mes créations ont pour objectif de valoriser cette alternative à l’achat de pièces neuves issues des grandes chaines de distribution. Mon projet entrepreneurial est le prolongement de cette réflexion. »

 

En quoi va-t-il consister, au juste ?

« Je souhaite lancer Studio Vintage, une friperie en ligne qui proposera des pièces de seconde-main, mais aussi, à termes, des créations issues de l’upycling. Je compte me spécialiser dans le streetwear et le sportswear en me concentrant sur des marques majoritairement américaines. En marge de l’e-shop, je voudrais organiser des ventes dans mon futur showroom/dépôt et aller à la rencontre des clients lors de marchés vintage. En termes de style, je tiens à rester accessible. Mon but est, avant tout, de proposer des pièces portables. »

 

Cette approche a le vent en poupe. C’est un avantage, mais aussi un sacré challenge.

« D’un point de vue concurrentiel, l’engouement pour les vêtements vintage est évidemment un inconvénient. Ne serait-ce qu’au niveau de l’approvisionnement. J’ai déjà quelques contacts près de Rouen, en France, mais pour m’imposer sur le long terme et pérenniser mon projet, je vais devoir me différencier. En termes de choix de pièces, mais aussi en proposant un service plus personnalisé et ancré dans mon savoir-faire. Mon principal atout, c’est ma connaissance du vêtement. Pour chaque pièce mise en ligne, je compte renseigner les clients sur la matière du vêtement et la manière de l’entretenir, mais aussi donner des conseils stylistiques en lien avec mon offre : comment associer les couleurs ? Comment trouver des pièces adaptées à chaque morphologie ? »

 

Pourquoi avoir postulé pour ce statut d’étudiant-entrepreneur ?

« C’est une fantastique opportunité de pouvoir tester une idée sans prendre trop de risques, mais aussi de bénéficier d’un encadrement multidisciplinaire. Dès le mois prochain, je serai suivi par le VentureLab (un programme de soutien à l'entrepreneuriat dédié aux étudiants et aux jeunes diplômés des institutions de l’Enseignement supérieur du pôle académique Liège-Luxembourg, ndlr.). J’aurai la possibilité de développer une stratégie concurrentielle, d’acquérir des outils (administratifs, financiers ou légaux) que je ne maitrise pas encore et de bénéficier de certaines protections propres à ce statut. En marge de ce coaching, je participe également au programme de parrainage mis en place au sein du cursus mode d’HELMo. Depuis octobre, je profite des conseils et du réseau d’Hélène van den Wildenberg, fondatrice de Caracas (une agence de communication spécialisée dans les relations publiques, ndlr.) qui m’aide à réfléchir à certains volets de mon projet. »

 

La communication, c’est évidemment la clé de voute d’un projet comme le tien.

« L’élaboration de Studio Design me pousse à sortir de ma zone de confort et à me confronter à la réalité du marché. De nature timide, je suis amené à défendre mon projet, mais aussi à développer une stratégie de communication sur les réseaux sociaux. Quelle que soit l’issue de cette aventure, je sais que j’en tirerai de gros enseignements. »

 

Apprendre, c’est un peu ton leitmotiv en ce moment. Il y a deux ans, tu as d’ailleurs choisi de quitter la vie professionnelle pour te relancer dans des études.

« Avant de m’inscrire à HELMo Mode, j’intervenais, en tant qu’éducateur, auprès de personnes atteintes d’un handicap mental. Si cette fonction m’a procuré beaucoup de satisfaction, j’ai en effet ressenti le besoin de reprendre des études. Cette décision m’a obligé à renoncer à mon salaire - donc à un certain confort de vie -, mais aussi à mener à bien des études ; chose que je n’avais pas vraiment faite auparavant. Un sacré challenge. Ne serait-ce qu’au niveau organisationnel. Avoir réussi ma première année alors qu’à la base, je m’étais toujours considéré comme peu studieux, m’a permis de gagner en assurance. Tout comme le fait d’obtenir ce statut d’étudiant-entrepreneur. Cela dit, je souhaite, à terme, et dans la mesure de mes possibilités, ajouter une dimension sociale à mon projet en donnant du travail à des personnes atteintes d’un handicap ou en réinsertion professionnelle. »

 

Cette idée de mêler business et social t’a été inspirée par un projet développé dans le cadre de ton cursus. Explique-nous.

« L’un de nos plus récents projets portait sur la création d’une silhouette réalisée à partir de chemises chinées parmi les pièces recyclées par l’asbl Terre. Ce travail nous a permis de visiter les dépôts de l’association, mais aussi de nous familiariser avec le secteur de l’économie sociale qui, d’emblée, m’a intéressé et qui, je l’espère, pourra, si mon projet aboutit, faire partie intégrante de Studio Design. »

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Contact: Marie Honnay
Publié le : 26-04-22